Je sais / Vendredi 6 mars / 20h30 / Théâtre-Maison d'Elsa (Jarny)


Lecture d'après l'ouvrage d'Ito Naga paru chez Cheyne Éditeur en 2006


Cie du Jarnisy
Lecture : Hervé Lang
Lumière : Christophe Constantin

Né en 1957, Ito Naga est astrophysicien.
Il nous propose une collection surprenante, insolite et touchante, un drôle de catalogue dressé dans l’esprit des I remember et des Je me souviens de Joe Brainard et Georges Perec.

Commençant toujours par « Je sais », il s’agit d’une énumération de 469 certitudes qui n’en sont pas. Ce sont plutôt de menues observations, des souvenirs, des réflexions teintées d’une pointe d’humour et d’impertinence. Une énumération où la poésie naît du mystère, de l’insolite et du décalage.

Une méthode s’affirme au travers de la diversité de ces 469 annotations, comme le note Jean-Pierre Siméon, « celle du scientifique qui s’apparente à celle du poète ou celle du philosophe : un affût intense qui met en examen tout ce qui tombe sous le regard, l’ordinaire, l’infime, l’incident de préférence. »

Pris par un charme chaque fois renouvelé, on n’en éprouve aucune lassitude. On y entend comme une mélopée et la répétition fait office d’épine dorsale autour de laquelle s’éploie, en éventail, une sorte d’inventaire personnel donnant à voir un univers multiple et en expansion.

« Je sais » est le premier texte d’Ito Naga.

Extraits

10. Je sais qu’on se représente toujours l’au-delà comme le cosmos. Pourquoi pas comme un terrier de lapin ?

11. Je sais que, dans le vide cosmique, les anges n’ont pas besoin d’ailes. Il n’y a pas d’air pour les porter.

12. Je sais qu’un ange sans ailes, ce n’est pas tout à fait un ange.

27. Je sais que les grosses colères fatiguent, qu’une vie n’en permet peut-être qu’un nombre limité.

28. Je sais que, pour retrouver son calme, Sôseki décrivait ses colères sous forme de haïkus : toute sa fièvre résumée dans 5 + 7 + 5 syllabes !

97. Je sais qu’on emprunte souvent les mots des autres.

98. Je sais que le monde est comme un immense écho, que les mots se répètent à l’infini comme un jeu de miroirs dans un palais persan.

99. Je sais que je ne suis pas le seul à dire La descente est plus difficile que la montée

103. Je sais que la difficulté de s’exprimer consiste avant tout à trouver un angle d’attaque.

160. Je sais qu’avec la fatigue, le corps apparaît comme une malle à traîner : de métro en autobus, d’escalier en escalier.

161. Je sais que curieusement, transporter le corps dans d’autres endroits du monde le repose.

Tarif unique 5€
Informations et réservations :
Cie du Jarnisy / 03.82.33.28.67 / com@jarnisy.com
Adresse du Théâtre - Maison d’Elsa : 16A avenue Patton, 54800 JARNY